25 août 2009

Clicanoo

Une paire de fesses retirée des panneaux publicitaires

Depuis quelques jours, une polémique secoue la ville de Saint-Denis à La Réunion. La raison ? Une affiche publicitaire annonçant le Salon du deux roues, prévu en fin de semaine, jugée offensante par la municipalité en raison de son caractère sexiste et dégradant envers l’image de la femme.

Une affiche au cœur du scandale

La publicité en question représente une jeune femme brune, photographiée de dos et vêtue d’un shorty particulièrement échancré. Son fessier, parfaitement dessiné et fermement mis en valeur, repose sur le chiffre « 2 » symbolisant le deux-roues. Certains observateurs ont même évoqué, non sans ironie, une possible interprétations phallique de cette mise en scène audacieuse.

Rapidement alertée par des citoyens indignés et soucieuse de respecter la Charte pour l’élimination des violences à l’égard des femmes, signée en novembre 2008, la mairie de Saint-Denis a exigé le retrait immédiat de cette affiche. La municipalité estime en effet qu’une telle publicité véhicule une image dégradante de la femme et n’est pas nécessaire pour promouvoir un événement dédié aux passionnés de motos.

La mairie ferme sur ses positions

Monique Orphé, première adjointe au maire de Saint-Denis, explique fermement la position de la municipalité : « Nous devons rester cohérents avec nos engagements en faveur du respect de la femme. Cette affiche n’apporte rien à l’événement qu’elle est censée promouvoir, elle est clairement déplacée et nous ferons de même à l’avenir chaque fois qu’une publicité sera jugée dégradante pour l’image féminine. »

Face à cette réaction officielle, l’organisateur du Salon du deux roues, Guy Frensois, s’est dit surpris et visiblement contrarié. « Nous n’avions pas du tout l’intention de choquer ou de créer une polémique », a-t-il confié. Il a toutefois accepté, bien qu’aucune obligation légale ne l’y contraignait, de retirer progressivement toutes les affiches concernées dès ce lundi. « Si je dois présenter des excuses à certaines associations, je suis prêt à le faire. Mais honnêtement, on a vu pire ailleurs », se défend-il.

Les réactions contrastées des habitants

La décision de retirer les affiches a suscité des réactions contrastées au sein de la population. Certains citoyens saluent cette prise de position claire de la mairie. « Il s’agit du Salon du deux roues, pas d’un événement érotique ou pornographique », rappelle un habitant dans un commentaire virulent, estimant que cette publicité n’avait aucun lien avec le thème du salon.

À l’opposé, d’autres habitants de Saint-Denis jugent la réaction municipale excessive et contre-productive. Un internaute réagit avec humour : « Le rôle des agences de publicité n’est pas d’éduquer la population, mais bien de susciter l’envie d’acheter ou de participer à un événement. Avec cette polémique, l’affiche a clairement atteint son objectif. » Il ironise même sur l’idée que l’Église aurait pu utiliser un tel procédé pour attirer des vocations, faisant référence avec légèreté au célèbre curé de Cambuston.

Une polémique qui interpelle sur la publicité et la société

Cet incident remet en lumière la délicate question de la représentation de la femme dans l’espace public. Doit-on accepter des publicités qui jouent sur la provocation et les clichés sexuels pour attirer l’attention ? Ou faut-il au contraire veiller rigoureusement au respect de valeurs sociétales plus égalitaires et respectueuses ?

Certains dénoncent une société hypocrite où les affichages suggestifs sont omniprésents mais critiqués de manière sélective. Un habitant remarque avec humour : « Et tous ces beaux fessiers qui défilent quotidiennement sur nos plages ou dans nos rues, faut-il désormais détourner le regard sous peine d’être jugé ? Si cela avait été le cas, je n’aurais jamais rencontré ma femme ! »

La fin d’une polémique… en attendant la prochaine ?

La totalité des affiches devrait être retirée ce mardi des rues de Saint-Denis, clôturant ainsi une polémique inattendue pour les organisateurs du Salon du deux roues. Le mannequin européen, dont la silhouette a involontairement provoqué cet emballement médiatique, ignore probablement tout de cette histoire, son image ayant été achetée auprès d’une banque d’images internationale.

Reste désormais à savoir si cette décision aura un effet durable sur les prochaines campagnes publicitaires à La Réunion ou si, au contraire, la polémique retombera aussi vite qu’elle est née, laissant place à une simple anecdote médiatique locale.